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Vulgarisation scientifique des avancées de la recherche sur la COVID-19

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Des dépenses de santé sans commune mesure

La pandémie de COVID-19 a relancé l’intérêt du financement de la santé. Elle a été et continue d’être extrêmement coûteuse. Les gouvernements ont dû mettre en place des mesures sanitaires : les masques, les quarantaines, les tests diagnostiques, le contact tracing, les traitements et la vaccination. A ces coûts s’ajoute la récession économique globale, avec une décroissance estimée à 3,3% en 2020 dans le monde. Les pays développés ont pu financer les dépenses liées à la COVID-19 grâce à leurs réserves financières, à la réaffectation de ressources et à des emprunts. Les pays en développement ont aussi eu recours à des prêts. Le Fond Monétaire International (FMI) estime que la dette des gouvernements a augmenté de 20 trillions entre septembre 2019 et septembre 2020. Une partie de ce budget a pu soutenir les économies. Mais combien a-t-on dépensé seulement pour la santé ? Et dans cette enveloppe, quelles ont été les aides internationales aux pays en développement pour la COVID-19 ? Des chercheurs, membres du Global Burden of Disease 2020 Health Financing Collaborator Network, ont estimé le coût des dépenses de santé en 2019, calculé les aides internationales pour la COVID-19 en 2020 et estimé les dépenses à venir.  

Ces chercheurs ont réalisé une estimation des dépenses de santé pour 204 pays et territoires à partir des données de l’OMS (Organisation Mondiale de la santé). Ils ont également estimé les futures dépenses jusqu’en 2050. Ils ont ainsi calculé que 8,8 trillions de dollars avaient été dépensés en 2019 pour la santé, soit 1 132 $ par personne.

Il existe bien évidemment une grande disparité entre les pays. Pour les pays développés, la moyenne des dépenses par personne a été de 5 700 $, et a même atteint plus de 11 000 $ pour les États-Unis. Cela contraste avec les dépenses des pays les plus pauvres. Ils ont été classés en 3 groupes :

  • Les pays à faibles revenus, dépensant en moyenne pour la santé 36 $ par personne : 7 $ en Somalie, la somme la plus faible, et jusqu’à 73 $ au Sierra Leone.
  • Les pays à revenus intermédiaires inférieurs, dépensant pour la santé 90 $ par personne : de 29 $ au Bénin à près de 400 $ en Palestine.
  • Les pays à revenus intermédiaires supérieurs ont dépensé quant à eux en moyenne 500 $ par personne. Cela va de près de 100 $ au Venezuela à près de 1 500 $ au Tokélaou (territoire de Nouvelle-Zélande).

Entre 1995 et 2019, en prenant en compte l’inflation, les dépenses de santé ont augmenté pour 182 des 204 pays. Ces dépenses liées à la santé devraient continuer d’augmenter au fur et à mesure des années. Les chercheurs ont ainsi estimé qu’elles atteindront près de 10 trillions de dollars en 2030, et plus de 14 trillions en 2050. L’aide internationale pour la santé a largement augmenté entre 2019 et 2020, principalement en raison de la pandémie (55 billions en 2020, 14 billions de plus qu’en 2019). Parmi les pays ayant reçu le plus d’aides figurent les pays d’Afrique sub-saharienne. Étonnement, l’Amérique latine n’a reçu que 7,7% des aides internationales, alors qu’elle cumule plus de 34% des décès de COVID-19 du monde. Comparé aux dépenses totales de santé, l’aide internationale en 2020 pour lutter contre la COVID-19 n’est qu’une partie très faible des dépenses (0,1%).

En conclusion, la crise sanitaire a mis en lumière et aggravé les inégalités dans l’accès aux soins. En 2019, les pays ont dépensé de 7 $ par personne pour la Somalie à plus de 11 000 $ pour les États-Unis. L’aide internationale a augmenté en 2020 par rapport à 2019. Les prévisions réalisées par les chercheurs semblent montrer que ces inégalités vont persister dans les années à venir. Il est donc important que l’aide internationale permette d’investir pour préparer au mieux les prochaines pandémies.

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